Nébula s'approcha d'un bourgeon recouvert d'une fine couche de givre. Elle le cueillit délicatement, mais soudain, les pétales s'ouvrirent un à un, révélant une rose fragile et délicate. Au cœur de cette fleur, une fée dormait paisiblement. Sa peau était pâle, ses joues légèrement rosées, comme si le froid l'effleurait, et ses cheveux étaient blancs comme la neige.
Toute la forêt retenait son souffle, s'attendant à la voir se réveiller. Mais lorsque le premier flocon de neige tomba sur son corps, aucun frisson ne l'anima. Un second flocon vint doucement se poser sur elle, mais la fée ne réagit toujours pas, comme si son sommeil était si profond que rien ne pouvait l'en tirer.
Les créatures mythiques de la forêt, émergeant elles aussi de leur sommeil, se rassemblèrent autour de Nébula et de la rose. L'inquiétude se lisait dans leurs regards. Habituellement, la Fée des Neiges se réveillait dès le premier flocon, attrapait le second, et lançait la première neige qui recouvrait la forêt d'un draps blanc et doux.
Mais cette fois, aucun autre flocon ne tomba. La fleur se flétrit sous leurs yeux. Le rose tendre de ses pétales vira au gris, et, un à un, ils tombèrent au sol, emportés par un coup de vent qui dispersa leurs restes sur la terre encore fraîche de l'automne.
Un elfe venu des contrées de l'Est accourut pour rattraper la jeune fée, qui glissait hors de sa fleur, toujours inconsciente. Le regard de Nébula s'assombrit, perdu dans un néant impénétrable. Ses doigts se mirent à trembler, et ses yeux cherchaient frénétiquement une aide autour d'elle. Elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer.
Un lutin s'approcha pour réconforter Nébula et lui demanda d'une voix tremblante :
— Est-elle... morte ?
Nébula n'en savait rien. Mais si tel était le cas, elle le savait, la forêt tout entière et ses habitants étaient voués à disparaître.
La lumière de la lune, d'ordinaire douce et argentée, vira soudain au violet, emplissant la forêt d'une atmosphère lourde et menaçante. Les créatures, terrifiées, se recroquevillèrent, se cachant derrière des arbres, dans leurs terriers ou sous les rochers. Seule Nébula restait debout, faisant face à ce qui se dressait devant elle.
La lueur de la lune devint si intense qu'il était impossible de garder les yeux ouverts. Quand Nébula finit par rouvrir les paupières, une silhouette féminine, pâle et spectrale, se tenait devant elle.
Gardant son sang-froid, Nébula redressa le menton. Elle ne bougea pas lorsque la femme s'avança lentement. En tant que protectrice de la forêt, elle se devait de faire face à quiconque menaçait ses terres et ses habitants.
La femme murmura des mots incompréhensibles, mais son ton ne laissait aucun doute : ses intentions étaient hostiles. Elle tendit une sphère de cristal devant Nébula, et une vision commença à se dessiner à l'intérieur.
La forêt y apparaissait sombre et dévastée. Les branches des arbres, courbées comme par fatigue, semblaient pleurer. Les animaux, meurtris par une chaleur étouffante et assoiffés en plein hiver, dépérissaient. Les elfes tombaient malades, un à un, sans espoir de guérison. Des torrents de boue déferlaient entre les troncs, ravageant les villages et balayant tout sur leur passage. Une pluie acide rongeait le sol, tandis que les rayons du soleil, autrefois doux, brûlaient les fleurs et la terre.
Cette vision oppressante arracha un frisson à Nébula. Une vague de malaise et de désespoir s'abattit sur elle.

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