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Elle savait déjà [FR]

Chapitre 7 : Dans la peau de Viera 

Chapitre 7 : Dans la peau de Viera 

Sep 25, 2025

This content is intended for mature audiences for the following reasons.

  • •  Blood/Gore
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Ma cheville était enfin guérie. Je pouvais reprendre le travail. Être une infirme n’avait rien d’agréable, j’avais l’impression d’être un boulet.
« Comme si mon âge ne suffisait pas… » pensais-je.

Ces derniers temps, plusieurs villageois passaient me voir et m’aidaient au quotidien. Je n’aimais pas dépendre des autres.
Astur venait souvent aussi.
« J’ai été désigné comme votre garde du corps. » m’avait-il expliqué. Par ordre de Valensia.

Cette dernière me faisait également l’honneur de sa présence.
J’étais encore rongée de honte. Ce que j’avais laissé transparaître… cette panique incontrôlée. J’aurais dû mieux me contenir.
Comme quoi, l’âge ne faisait pas tout.

Le village était en effervescence. Mais pas dans le bon sens.

La lettre adressée à Valensia venait de sa grande sœur, Cheffe du Clan Arpentia , à la tête d’une puissante armée. Elle avait retrouvé sa trace et exigeait un duel entre leurs deux armées.

La famille Von de Minervus… toujours avide de conflits internes.
Lorsqu'un enfant de la famille ne rejoignait pas le clan familial après la sortie du Centre Mathésia, ces derniers se retrouvaient systématiquement et engageaient des batailles. Le gagnant gardait alors le contrôle de l'armée, aspirait le clan perdant, et le membre de la famille devenait un membre important du clan, malgré sa défaite. 
Ils étaient puissants, ces Von de Minervus . Leur sang produisait des guerriers redoutables. Et leur fierté n’avait pas d’égale.

Valensia avait refusé.
« J’ai autre chose à faire que des enfantillages. » avait-elle dit.

Mais… qui l’avait laissée envoyer cette réponse ? Cela allait mal finir.

Des éclaireurs avaient aperçu une armée approcher. Elle n’était pas très grande — sûrement un test pour jauger nos défenses.
Le village s’y préparait.

Nous restions en dehors du « jeu des clans », mais nous n’étions pas faibles. Nos soldats et mages étaient expérimentés.

Valensia, même si elle n’en parlait pas, se sentait coupable. Sans son nom, peut-être que cette menace ne serait jamais apparue.
Ce qui n’était pas tout à fait vrai. Un autre clan aurait pu nous attaquer juste pour le plaisir.

Mais en ma présence, je ressentais sa vulnérabilité. Celle qu’elle cachait à tout le monde.

– Je suis la vieille doyenne, après tout. C'est normal que la jeunesse se confie à moi. –




Nous aperçûmes l’armée au loin. Elle semblait à peine plus nombreuse que la nôtre.
Les non-combattants avaient été réquisitionnés pour assurer les soins aux blessés en cas de besoin.

Valensia était restée dans ses quartiers. Elle refusait de participer directement au combat.
Bien que cela ait pu paraître étonnant de sa part, je savais qu’elle réfléchissait à des plans de secours.
Ses quartiers étant situés à l'opposé de la porte nord, il était difficile de lui faire remonter les informations rapidement.
Je soupçonnais qu’elle préférait aussi se tenir en retrait pour mieux réagir en cas d'attaque surprise sur le flanc arrière — improbable, certes, mais prudente, comme toujours.
Et puis, en tant que spécialiste du corps à corps, elle n’aurait pas été très utile dans les premiers échanges à distance, dominés par les tirs magiques. Il valait mieux qu’elle se préserve.
Même si je sentais, au fond d’elle, l’espoir que tout se termine sans qu’elle ait à intervenir.

Quant à moi, il m’avait été expressément demandé de rester à l’écart.
Une règle tacite stipule que les doyennes, perçues comme des récompenses de guerre, sont intouchables.
Quel triste honneur, me direz-vous.
Mais leur savoir est trop précieux : la plupart sont expertes en médecine ou détentrices de traditions rares.
Officiellement inoffensives, elles sont censées ne représenter aucun danger pour les vainqueurs.

Astur, toujours assigné à ma protection, s'en tenait à ses ordres. Je trouvais cela dommage. Un mage aussi prometteur aurait été bien plus utile sur le front.
Je décidai donc de m'approcher des remparts.
Il n'aurait alors pas d'autre choix que de défendre le clan tout en veillant à ma sécurité.
Il hésita, évidemment. Craignant les foudres de Valensia.
Mais il était trop tard. Je ne comptais pas reculer.

Les premiers tirs magiques frappèrent les murailles.
Heureusement, les nouvelles défenses pensées par Valensia se révélèrent particulièrement efficaces.

La bataille commença.

Très vite, l'armée ennemie s’écrasa contre nos murs. Nos soldats, bien entraînés, la repoussèrent efficacement.
La confrontation dura quelques heures à peine.
Nous fûmes victorieux.

Cinq doyennes ennemies furent capturées.
Interrogées, deux d’entre elles révélèrent n’avoir des compétences qu’en soins.
Valensia les assigna aux blessés, sans grand enthousiasme.
Des trois autres, nous parvînmes à obtenir quelques informations :

Comme Valensia s’en doutait, l’attaque du clan ennemie n’était qu’un test. Il s'agissait d'un clan vassal au clan Arpentia.
La véritable menace venait du clan Arpentia en lui-même, mené par Malicia Von de Minervus.
Des éclaireurs avaient observé la bataille, repéré nos défenses. Ils allaient en informer leur cheffe.
Malicia n’en avait que faire du village. Elle voulait simplement tester sa petite sœur.

C’étaient les seules vérités que nous pûmes extorquer.
Valensia n’avait aucune confiance dans ces doyennes.

« Ce n’est pas parce qu’elles sont inoffensives qu’elles ne peuvent pas nous nuire. » m’avait-elle dit. « Cette attaque était un test. Elles peuvent très bien chercher à nous affaiblir de l’intérieur pour s’attirer les bonnes grâces d’Arpentia. Si elles ne sont pas déjà à son service… »

Je partageais son avis. Une telle prudence était loin d’être excessive.

Nous n’avions que peu de blessés et les dégâts matériels restaient mineurs. Les défenses de Valensia avaient fait leurs preuves.
Pour célébrer notre victoire, une petite réception fut organisée dans ses quartiers.

Je m’étais mise en tête d’apporter un gâteau. Une pièce d’exception.
Représentant les montagnes entourant notre village, je l’avais décoré avec patience, parsemé de crème fouettée pour évoquer la neige.
Fière de moi, je traversai la salle bruyante, en évitant tant bien que mal les convives agités.

Je m’apprêtais à poser le gâteau sur la table…
Mais l’un d’eux me bouscula.

Je le vis, au ralenti, s’écraser sur le plateau.
Un silence, une seconde à peine — puis tout le monde éclata de rire.

Je me figeai.
Le visage dans les mains, une peur glaciale s’empara de moi.
Je crus que j’allais être punie. Comme dans mon passé.
Que cette erreur allait me coûter cher.

Mais quand je rouvris les yeux… tous riaient encore, joyeusement, en se servant des morceaux de gâteau éclaté.
Et Valensia me regardait.
Elle ne disait rien. Mais tout, dans son regard, me rassurait. Une tendresse silencieuse.
Ce n’est rien. Ce n’est qu’un gâteau.

Et c’était vrai.
Il fallait que je l’intègre. Que cette peur cesse de me ronger.
Valensia était différente.



Ces derniers jours avaient été entièrement consacrés à la préparation du prochain affrontement.
Le clan Arpentia ne tarderait plus.

Les doyennes étrangères nous avaient dit que leur armée n’était que légèrement supérieure à la nôtre.
Mais d’après mes souvenirs… cela me semblait faux.
J’en avais parlé à Valensia, qui partageait mon scepticisme.

— « Évite de traîner près de ces serpents », m’avait-elle soufflé un soir.

Depuis, je passais beaucoup de temps à ses côtés.
À surveiller les doyennes, à imaginer des améliorations défensives, à organiser la logistique.

Asra s’était ensuite portée volontaire pour surveiller les doyennes captives.
Cela me surprit. Avec son tempérament, je la voyais mal faire du babysitting de grand-mères… mais soit.
Pour l’instant, tout avançait selon les plans.





Ainsi vint le jour fatidique.
Comme lors de la dernière bataille, Valensia demeurait dans ses quartiers, concentrée, loin du champ de bataille. Les doyennes ennemies, quant à elles, étaient gardées à vue, dans des locaux proches, sous la surveillance d’Asra.

Je me trouvais, comme à mon habitude, près des remparts. Astur, toujours fidèle à son devoir, se tenait à mes côtés.
Le ciel était bas, couvert. Un épais brouillard s’était levé, étouffant les sons et les craintes. On n’entendait, au loin, que les échos d’une armée en marche.
Un silence pesant s’était abattu sur le village. Certains soldats affichaient une sérénité de façade. D’autres, plus jeunes ou moins aguerris, trahissaient leur nervosité.

Et puis, ils arrivèrent.

L’armée ennemie se déploya en plusieurs lignes. Ils étaient... innombrables. Des centaines, peut-être des milliers. Une marée de silhouettes sombres s'étendait à perte de vue.

Je n’eus pas le temps de saisir l’ampleur du danger que les premiers projectiles furent lancés. Boules de feu, lames d’air, sorts destructeurs... La bataille commença sans sommation.

Très vite, nos défenses furent débordées. Les mages peinaient à repousser l’intensité des assauts. Les bâtiments proches des remparts furent réduits à néant. Les cris de douleur se mêlaient au fracas des explosions. Le village brûlait.

Les soigneurs s’efforçaient d’éteindre les flammes, de tirer les blessés hors des décombres. Mais l’ennemi avançait, implacable. Déjà, on entendait les chocs métalliques au pied des portes.

Astur me jeta un regard grave.
« Viera… allez prévenir Valensia. Vite. »
Ce fut suffisant. Je me mis à courir, aussi vite que mes jambes me le permettaient, en esquivant de justesse plusieurs boules de feu.

– Ce corps... si lent... –
Le trajet jusqu’aux quartiers de Valensia me parut interminable. Le ciel semblait plus clair de ce côté du village, mais je savais que ça ne durerait pas.

En haut des escaliers, juste avant de pousser la porte, un mouvement attira mon regard : des formes, furtives, se glissaient dans les buissons au pied de la muraille arrière.

Je n’attendis pas.
« Valensia ! » haletai-je en entrant.

À la simple vue de mon visage, elle comprit.
Asra entra à son tour.
« L’armée… Elle est immense. Les doyennes ont menti, et... »
Je repris mon souffle.
« Vous n’êtes pas en sécurité ici. Il faut partir. Maintenant. »

Elle ne dit rien, mais me suivit immédiatement.

Il était déjà trop tard.

Les mouvements dans les buissons… Ils étaient six. Des assassins. Ils avaient franchi la muraille et fonçaient droit vers nous.

Je me plaçai devant Valensia, bouclier vivant. Je descendis les marches. Une femme, visiblement une mage, s’avança d’un air moqueur.
« Pousse-toi mamie. C’est pas toi qu’on veut », ricana-t-elle, sous les rires gras de ses camarades.

Je ne dis rien. Je la fixai. Elle s’approcha, leva les mains pour lancer un sort en ma direction mais... Rien. Son sort n'avait eu aucun effet .Son sourire vacilla. Son regard trahissait son incompréhension.

Je levai la paume dans sa direction.
« Bouge. » dis-je d'une voix à peine audible.

Son corps fut propulsé sur plusieurs mètres. Un silence de plomb s’abattit.

Je me retournai vers Valensia, prête à lui dire de fuir.

Et je vis...

Du sang. Jaillissant de sa gorge.

Derrière elle, Asra. Lame encore dégoulinante à la main.
Son regard était froid. Un sourire cruel étirait ses lèvres.

« Merci pour la diversion, mamie », lança-t-elle d’une voix mielleuse.
« Arf… Toujours moi qui fais le sale boulot. »
Elle essuya sa lame sur la tenue de Valensia, dont le corps s’effondra lentement au sol.

Je restai figée. Mes jambes ne me portaient plus. Le monde se brouilla.

« Non… Ce n’est pas possible… Elle ne peut pas… »
Je regardais son corps inerte, et quelque chose… se brisa.

Une douleur sourde me transperça, un cri jaillit de mes entrailles.
Et puis… le noir.

Lamohia
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