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Elle savait déjà [FR]

Chapitre 9 : Dans la peau de Valensia (2)

Chapitre 9 : Dans la peau de Valensia (2)

Oct 09, 2025

This content is intended for mature audiences for the following reasons.

  • •  Blood/Gore
  • •  Physical violence
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Lorsque j’ouvris les yeux, je me trouvai allongée au sol. Un dôme de vent m’entourait, semblable à une tempête protectrice. Devant moi se tenait une femme qui hurlait, les mains sur son visage. Ses paumes étaient d’une couleur étrange, légèrement lumineuses, teintées de vert. Elle semblait pleurer.

Je restai un instant figée, tentant de rassembler mes souvenirs.

« Je connais cette femme… », pensai-je.

Puis, tout me revint.

« Viera… ? »

Elle ne m’entendait pas.

Je portai la main à mon cou : il y avait du sang. Ma plaie était refermée.

– Asra… petite traînée. –

Je me redressai lentement. Viera était dans une colère monstrueuse, hors d’elle. J’essayai de la calmer.

Je pris son visage entre mes mains. Elle croisa mon regard.

« Je vais bien. Tu peux te calmer maintenant. Tout ira bien, ne t’en fais pas. »

Des larmes coulaient sur ses joues. Elle semblait à moitié absente. Comme si elle n’arrivait plus à se contenir. Ses yeux brillaient d’émotions mêlées, presque déconnectés de la réalité.

Je continuai à lui parler d’une voix douce, en lui adressant un léger sourire.

Peu à peu, le vent s’apaisa. Nous étions de nouveau face à nos ennemis. Je me relevai.

« Asra… sale traîtresse ! »

Elle fut d’abord choquée de me voir vivante, puis la colère reprit le dessus.

« Traîtresse ? Tu gâches ta pathétique vie dans ce lieu perdu ! Tu es la plus douée d’entre nous, et tu nous fais perdre notre temps ici ! »

« Tu n’étais pas obligée de m’accompagner. »

« Je pensais que tu changerais ! »

« Je n’ai jamais changé depuis l’enfance. »

« Pourtant, tu ne combattais jamais. Et du jour au lendemain, tu as montré à tout le monde que tu étais la meilleure. Je t’admirais… »

« Et moi, ce n’est pas toi que j’admirais. »

Je plaçai Viera derrière moi, la protégeant instinctivement.


Asra me lança un regard empli de haine et se jeta sur moi, brandissant sa dague — la même qu’elle avait utilisée pour m’égorger.
Je dégainai mon épée et parai son coup. Asra était une combattante très rapide, mais elle n’avait jamais réussi à me battre.

Cependant, elle était rusée et fourbe, alors je ne la sous-estimais pas. Elle enchaînait les attaques rapides, sans jamais s’arrêter, cherchant à me vaincre par la vitesse.

J’esquivai de justesse un coup au visage et lui assénai un coup de pommeau dans les côtes. Son souffle se coupa, elle recula d’un pas. J’en profitai pour lui rendre la pareille : une magnifique entaille longea sa fine gorge.
Le sang coulait à flots. C’en était fini d’elle.

Je ne ressentis rien, malgré les moments passés à ses côtés.
Il n’y avait pas de place pour le mensonge ni la tromperie dans mon cœur.

– Arg… Je déteste vraiment combattre. Pourtant, je ne peux pas la laisser seule. –
Je tournai les yeux vers Viera, l’inquiétude me serrant la poitrine.

Les assassins fondirent sur nous. Je réduisis la distance pour qu’ils ne puissent pas atteindre Viera. Je les enchaînai rapidement, méthodiquement. Aucun ne survécut.

« Valensia… Je suis désolée… », murmura Viera.

« Je sais que vous n’aimez pas vous battre… Je ne voulais pas… »

« Chut. Tout va bien maintenant. »

Je lui demandai quelle était la situation à la porte Nord. Nous n’avions pas eu le temps d’en parler.

Elle m’expliqua brièvement, et je compris aussitôt la gravité.

« Je vais te demander de fuir, Viera. »

« Quoi ? »

« Je vais gagner du temps. Pars. Je t’enverrai les survivants. Empruntez le chemin de secours dont je t’ai parlé. »

« Non ! »

« C’est un ordre, Viera ! »

« Ce… ce n’est décidément pas une manière de parler à une dame ! »

Je restai bouche bée. Elle me prit la main et se mit à courir, m’entraînant vers le champ de bataille.

Depuis quand courait-elle aussi vite… ?

Magnifique, pensai-je.



En arrivant à l’entrée, ce fut l’hécatombe.

L’armée ennemie était aux portes. Les trois quarts de mes soldats étaient morts ou agonisants. Sur les remparts gisait Astur, mon ami fidèle.

Une rage immense me submergea.

J’ordonnai aux survivants de fuir. Je restai seule, devant la porte prête à céder, pour livrer ce qui serait peut-être mon dernier combat.

La porte craqua. Des cris de joie s’élevèrent dans les rangs ennemis. J’étais prête à charger quand…

Un pouvoir intangible me paralysa.

 -- Qu’est-ce que… ? –

Je ne pouvais plus bouger. Puis, je la vis apparaître devant moi, telle une lumière dans ce lieu de ténèbres.

« Viera… »

Son corps luisait.

« Viera, non ! »

Elle tendit la main vers la foule ennemie et prononça :

« Bouge. »

Un souffle sourd déchira l’air. Tous les soldats furent projetés trente mètres plus loin.

Je ne pouvais toujours pas bouger.


Viera s’éleva lentement, majestueusement, portée par un souffle invisible. Ses pieds quittèrent le sol sans bruit, son corps montait dans l’air, léger comme une plume, imposant comme une prophétie. Son manteau flottait autour d’elle, ses cheveux, auréolés de lumière, dansaient dans un vent qu’elle seule semblait sentir.

Peu à peu, elle se transforma. Ses cheveux, autrefois gris et rêches, devenaient plus fins, teintés d’un vert pâle. Sa silhouette s’amincissait — même si elle n’avait jamais été corpulente — lui donnant un aspect plus jeune.

Je vis son profil. C’était elle.
La magicienne légendaire.

Une larme coula sur ma joue.

– Elle est magnifique. –

Alors elle commença sa danse.


Chaque mouvement était précis, fluide, empreint d’une grâce irréelle. Elle tournait sur elle-même, bras étendus, les doigts décrivant des cercles dans l’air, traçant des lignes invisibles. À chacun de ses gestes, des traînées lumineuses apparaissaient dans son sillage — des filaments d’émeraude qui palpitaient doucement. La magie répondait à son appel comme un orchestre à son chef.

Les villageois et les soldats restaient les yeux fixés devant un tel spectacle. 

Des particules de lumière verte se mirent à tourbillonner autour d’elle, d’abord timidement, puis avec une intensité croissante. Elles se rassemblaient, scintillantes, vivantes, formant un halo autour de la magicienne en lévitation. Puis, obéissant à une dernière impulsion de ses bras, elles filèrent vers les corps ensanglantés de notre clan. 

Un à un, ils reprirent conscience. C'était un soulagement mais ...

Viera ne s’arrêta pas. Toujours en lévitation, elle sortit du camp. Son corps brillait d’une aura verte. De petites lumières rouges et blanches tournaient autour d’elle.

La danse était finie. Ce qu’elle s’apprêtait à faire n’était plus une bénédiction.

Et moi… je ne pouvais toujours pas bouger.


'' Viera, arrête , Viera...Vi... ''

JANVIER STOP '' hurlais je. 

Mais elle continua d’avancer.

J’avais échoué.

Mon but était de la protéger, de lui offrir autre chose que la guerre. Et elle s’élançait vers le danger, seule.

Alors commença…la danse de la mort.


Alors qu’elle virevoltait dans les airs, engageant une danse funeste, des boules de feu jaillirent en sa direction. Elles vinrent s’écraser contre une barrière impénétrable , déclenchant une déflagration si puissante qu’elle balaya tout ce qui l’entourait. Des rafales de vent, semblables à des tornades, se formèrent autour d’elle, montant depuis le sol. Elles dansaient en rythme avec les mouvements de Janvier, soulevant terre et projectiles dans un tourbillon sauvage.

À mesure que les lueurs rouges s’intensifiaient, son pouvoir grandissait. Le ciel s’assombrit lentement, et d’épais nuages noirs convergèrent vers l’armée ennemie. Des éclairs commencèrent à zébrer le ciel. Paniqués, les soldats adverses lancèrent une nouvelle salve de boules de feu, mais elles furent arrêtées net… puis renvoyées avec une violence inouïe. Une barrière de flammes s’embrasa soudain devant nous.


Dans les derniers pas de sa danse, Janvier libéra les tornades formées et les éclairs, les projetant en masse contre les assaillants. C’était comme si nous assistions à la fin du monde.

Les minutes s’étirèrent dans un silence écrasant. Puis la tempête s’apaisa. Je sentis mon corps se libérer enfin. Mon regard se porta aussitôt vers Janvier, toujours suspendue dans les airs, haut dans le ciel, brillante comme un astre.

L’éclat qui l’enveloppait faiblit peu à peu, comme une étoile qui meurt… et son corps s’affaissa dans les airs, sans un mot.

Je courus aussi vite que j'ai pu pour la rattraper. 



Dans mes bras, elle semblait endormie. Elle respirait encore mais semblait dans un sommeil profond. Elle devait être épuisée. 

Je tenais, entre mes bras, une jeune et magnifique sorcière. 

Les larmes montèrent.

J’avais échoué à la protéger. Moi qui voulais l’éloigner à jamais de la guerre… Et tout autour de moi, j’entendais les hurlements de douleur sur le champ de bataille. – Elle s’en voudra tellement... –

Du côté du clan, la stupeur fit place à l’euphorie. Un cri de joie général s’éleva. Astur prit la parole, la voix vibrante d’émotion :
« Regardez ! Notre doyenne s’est sacrifiée pour nous ! Elle nous a sauvés de la mort. En son nom, portons le coup de grâce à nos ennemis ! »

Les soldats poussèrent un hurlement à l’unisson et foncèrent de nouveau sur le champ de bataille et achevèrent les ennemis au sol.

Au loin, j’apercevais ma sœur, en retrait, avec ce qu’il restait de ses troupes. Je rassemblai les miennes autour de moi et chargeai Astur de veiller sur Janvier.

« Surveille-la bien. Qu’il ne lui arrive rien. »
« Compris. »
répondit-il avec gravité.

Je m’avançai seule, armée, pour provoquer ma sœur. Elle s’avança à son tour, les traits crispés.

« Alors c’est pour ça que tu étais ici... La traîtresse était avec toi ! »
«Traîtresse. » Elle parlait de Janvier. Ma haine monta en flèche.

« Je vais être généreuse » dit-elle. « Remets-moi la sorcière et rejoins mes rangs. Je laisserai ton pathétique clan en vie. »

Pour qui me prenait-elle ?

« La misérable ici, c’est toi. 90 % de ton armée est anéantie, et il en sera de même pour le reste. Je vais, moi aussi, être clémente. Tu aimes les défis, non ? Combats-moi. Si tu gagnes, tu feras ce que tu voudras. Mais si tu perds… tu ne seras plus là pour le voir. »

Elle fut piquée dans son orgueil.

« Tu crois être la meilleure parce que tu as été sacrée majeure de ta promotion ? Tu n’es pas la seule. Le sang de Bellona coule dans mes veines aussi ! »

Puis elle ajouta, avec un sourire amer :

« Oh… C’est donc pour ça que tu veux garder la sorcière rien que pour toi ? Tu veux marcher sur ses traces ? »

Je ne répondis pas. Inutile de nourrir sa suffisance.

« Quoi ? Tu as peur, grande sœur ? »
« Certainement pas. Je vais t’apprendre le respect. »

Le combat débuta.


Elle était rapide, puissante. Une digne héritière de Bellona. Elle utilisait tout l’environnement à son avantage, mêlant attaques sournoises et pièges tactiques. Les épées s’entrechoquaient. Je reçus une entaille au bras gauche, puis au droit, puis à la jambe. Mais rien de grave. Je tenais.

Ses mouvements perdaient en fluidité. Elle s’épuisait.

Je vis l’ouverture.

Je concentrai toute ma force et toute ma vitesse dans un seul coup. L’épée traversa sa poitrine, transperçant son cœur avec une précision mortelle. Elle chancela, ses yeux s’éteignant aussitôt, signe indéniable que la vie la quittait.
Pour extraire la lame profondément enfoncée, je posai mon pied sur son torse immobile et, d’un coup sec, tirai l’épée, arrachant un râle silencieux à ce corps désormais sans vie.

Les soldats ennemis restèrent figés.

« Je n’ai que faire de votre armée. Rentrez chez vous. Et ne revenez jamais. »

Je n’eus pas besoin de répéter. Ils abandonnèrent le champ de bataille sans même emporter leurs morts… ou leur cheffe.

Je rejoignis mon clan, sous les acclamations.

Je me tournais vers Astur.

« Ne t’inquiète pas. » me rassura-t-il. « Elle va bien. Elle a dû utiliser une quantité démesurée de mana. Si cela faisait longtemps… son corps a juste réagi. »

– Oui. Une éternité à fuir. Seule. –

Je me penchai et pris Janvier dans mes bras.

« Je l’emmène dans mes quartiers. »

J’ordonnai ensuite qu’on vérifie les corps ennemis — qu’on élimine les survivants si nécessaire. Priorité aux blessés de notre côté. Une unité fut affectée à la réparation de la porte Nord. On ne pouvait pas baisser la garde. D’autres s’activèrent pour organiser les repas.

Tout le monde se mit en mouvement.



J’installai Janvier dans un lit. Je pris le soin de la changer, lui enfilant des vêtements propres. Son visage était paisible. Son corps luisait encore légèrement.

J’avais devant moi la plus grande magicienne de tous les temps. Mon cœur battait si fort. J’étais subjuguée.

« Pardonne-moi. » soufflais-je, avant de déposer un baiser sur son front.

Lamohia
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