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Bandlandlovers

Chapitre 2

Chapitre 2

Nov 28, 2025

Recroquevillé sur lui-même, Parveen regardait le feu d'un air absent. La nuit était tombée bien avant qu'il n'ait pu rejoindre la cachette de l'homme au masque à gaz, et il avait dû marcher encore menotté dans le noir complet pendant des heures. Le moment où il s'était réveillé dans des draps chauds et en sécurité ce matin lui semblait une éternité. Étaient-ils, à cet instant, pourchassés par une autre meute d'humains enragés ? Allait-il pouvoir s'enfuir si les intentions de Masque à gaz n'était pas si candides qu'elles ne le semblaient ? Pire encore, comment allait-il arriver jusqu'à son objectif seul et en un seul morceau ? La pression lui donnait mal à la tête.

-Hey.

Parveen sursauta, soudainement sorti de la spirale de ses pensées. Masque à gaz avait visiblement essayé d'employer un ton rassurant, immédiatement annulé par la distorsion de sa voix dans le filtre de son respirateur. Il lui faisait un signe de sa main mécanique, l'autre tenant un outil luisant en forme de tige que Parveen n'avait jamais vu.

- Et si on enlevait ces menottes, pour commencer ?

Il secoua la tige avant de baisser sa capuche, laissant dépasser un mohawk noir négligé et des oreilles percées, aussi décollées que défoncées. Son attitude polie tranchait avec son apparence, mais il avait prouvé sa bonne foi jusqu’ici. Parveen acquiesça donc et s'approcha prudemment. Masque à gaz sentait le métal rance et... Le sucre ?

-Ce serait... Très urbain. Merci.
-C'quoi urbain ? Assieds-toi ici, dit l'homme en tapant le sol en face de lui.

Parveen s'exécuta, tendant ses bras encore attachés. Ce fut lorsque la main en acier de Masque à Gaz vint soulever son poignet droit qu'il remarqua enfin les ecchymoses sur celui-ci. Il resta un moment à les observer, incapable de dire si elles étaient liées à l'altercation ou au frottement pendant le voyage. Était-ce vraiment important ? Il était de toute façon là, dehors, épuisé et honnêtement effrayé.

Essayant de se ressaisir, Parveen releva les yeux pour découvrir que l'homme au masque l’avait retiré et posé au sol, dévoilant un visage ravagé : Une cicatrice verticale nette lui courait du bas du menton jusqu'à son front, en passant par sa bouche et son œil droit. Sa pupille, devenue opaque et laiteuse, offrait peu de doute quant à sa cécité définitive.

Son nez bombé avait visiblement été cassé plusieurs fois, et son cou portait les stigmates de violences répétées. L'expression qui trônait sur son visage rond était dure, comme celle de quelqu'un qui avait connu tragédies et avaries... Et y avait survécu.

- Serviable de manière élégante, je suppose ?
- Oh. D'accord, répondit Masque à gaz en grimaçant. Parveen remarqua que ses dents avaient été taillées en pointe.

Il glissa la tige dans le verrou de la menotte droite, et commença à les trifouiller en tenant la main de Parveen.

-Tu as un nom, Bunkie?
- …

Parveen observa avec méfiance autour de lui : il se trouvait dans le salon d'un chalet abandonné dont on avait enlevé tout effet personnel pour en faire un refuge purement utilitaire, le tout au beau milieu d'une forêt. Le feu qui avait été allumé dans le foyer de la cheminée était faible mais...

- On est en sécurité ici, le feu ne fait pas assez de fumée pour attirer l’attention, surtout une nuit sans lune. Ils ne nous trouveront pas… Et tu serais déjà mort si je voulais te tuer, dit Masque à gaz comme s’il lisait dans ses pensées.

- D'accord, hésita le bunkie qui n’était pas plus rassuré. Il laissa passer un temps avant de reprendre. Parveen Jayaraman. Et vous ?
- Tu peux me tutoyer. Mon nom est Cafard. Il releva rapidement les yeux des menottes pour scruter l'expression de Parveen. Oui, c'est mon vrai nom. Te marre pas.

Parveen haussa un sourcil. Il ne lui serait jamais venu à l'idée d'appeler quoi ou qui que ce soit comme ça. Il ne su pas quoi lui répondre, et fut quelque peu soulagé quand Cafard, car c'était apparemment son nom, reprit la parole.

- Tu vas devoir te trouver un alias, ton nom est trop... Bunkie.
- ... Quoi ?
- Un alias. Plus classique dans le coin. Et on va devoir te trouver d'autres fringues. On peut deviner que tu sors d'un abri à des kilomètres, sapé comme ça.

La menotte tinta d'un coup, et lâcha son emprise pour aller pendre mollement au bout de sa jumelle. Sans attendre, Cafard s'attaqua à la seconde, fronçant les sourcils.

- Pourquoi ?

- …Parce que la plupart des gens qui vivent au-dessus de la croûte terrestre n'aiment pas les bunkies. Quand la société s'est cassée la gueule, vous vous êtes terrés à l'abri en laissant les moins chanceux se démerder. Et quand, des dizaines, vingtaines, voir cinquantaines d'années plus tard, vous vous repointez tout pimpants, tout le monde pense que vous êtes annonciateurs de catastrophes. Et quelle que soit la raison pour laquelle tu es actuellement ici, si tu veux vivre plus que quelques heures, tu vas devoir te fondre dans la masse. C'est aussi une condition.

- Une condition ? C'était au tour de Parveen de froncer des sourcils. Une condition par rapport à quoi, précisément ?

-Pour que je t'accompagne.

Cafard leva les yeux pour le regarder, avec cette même expression dure. Tous les deux savaient qu'il n'avait aucune chance seul. Le bunkie resta coi, ne sachant que dire. La seconde menotte s'ouvrit, et Parveen s'empressa de se libérer de la main de Cafard pour masser ses poignets endoloris.

-Je te laisse le temps d'y réfléchir, finit par dire Cafard en se relevant. Plus rien ne te retient à présent.

Masque à gaz s'approcha d'un sac de voyage posé près du feu, et en sortit une gamelle ressemblant à s'y méprendre à une ration militaire. Il s'assit plus proche du feu, dos à Parveen qui hésitait entre s'enfuir en courant tant qu'il le pouvait ou se mettre à exploser en sanglot. Alors qu'il passa ses mains sur son visage, il prit la décision de ne faire ni l'un, ni l'autre... Et alla s'installer à côté de Cafard. Un ange passa, avant que Cafard ne se décide à sortir une autre boite à repas, qu'il posa en face de Parveen.

- … Alors, qu'est-ce que tu fais dehors ?

- On a un souci avec l'eau potable. On a encore des réserves, mais les capteurs disent que l'eau qui nous parvient maintenant n'est pas potable, dit-il en prenant la ration. Si on ne fait rien, c'est toute la communauté qui est en danger.

Cafard hocha la tête à l'affirmative en avalant une cuillerée de ce qui ressemblait à une purée de fécule de maïs. Pour la première fois, Parveen remarqua qu'il était bien plus petit que lui.

- Il faudrait que je rejoigne la station d'épuration qui est reliée à notre abri pour... Et bien, je ne sais pas encore, mais pour voir ce qui ne va pas.

-Ok. Tu as une formation quelconque en réparation ?

-... Un peu. J'écoutais bien pendant les cours de travaux manuels. Au pire il y a un moniteur sur place, je devrais pouvoir contacter l'abri ?

Cafard ricana.

- Un brillant départ, n'est ce pas ? Il enchaîna avant que Parveen ne puisse manifester son mécontentement. Une bonne nouvelle pour moi, ceci étant.

Parveen ouvra la boite pour y découvrir la même pâte épaisse ainsi qu'une cuillère, grimaçant autant à la remarque de son nouveau compagnon de voyage qu'à l'allure de son repas.

-Il faut que je contacte quelqu'un dans ton abri, alors faisons un deal.

Le bunkie se retourna vers Cafard, qui avait déjà posé son plat du soir à même le sol pour lui faire face. Celui-ci cracha dans sa main de chair et lui tendit, non sans lui offrir un sourire qui n'avait rien de sympathique.

-Je t'emmène aussi sain et sauf que possible à ta station, je t’apprends tout ce que tu as à savoir sur comment ça se passe ici et je suis même bon prince, je te ramène jusqu'à ton abri. En échange, une fois qu’on peut contacter tes copains, je passe mon coup de fil dans ton abri. On a un accord, grande brindille ?

L'hésitation ne dura qu'un instant, et Parveen serra la pince (qu'il s'imaginait plus rugueuse et moins humide) de Cafard, avec un dégoût à peine retenu. Devant le feu craquelant de la cheminée d'une maison abandonnée, il venait de vendre son âme à un diable aux dents pointues, borgne et manchot. Il était absolument convaincu d'avoir fait une grave erreur... Mais que pouvait-il faire d'autre ? Il ne laisserait pas tomber les siens, et fuir rendrait leur accord caduc. C'est donc rempli de doutes et de détermination qu'il retourna à son assiette.

-Affaire conclue, lâcha Cafard en se saisissant lui aussi de sa nourriture... Et de sa machette, posée non loin de lui. Sur ce, je prends le premier quart de garde, je te réveille pour le deuxième.

- Comment ça tour de garde ?! Lâcha Parveen en se raidissant, sentant la panique repointer le bout de son nez. Tu avais dit qu'on ne risquait rien ici !!!

- La sécurité, ça s'entretient. Y a des couvertures dans le sac si tu veux, reposes-toi. Tu pourras être fâché contre moi dans 3 h quand tu devrais faire le guet, ça te maintiendra éveillé.

Cafard grogna en se relevant, laissant le bunkie à ses incertitudes alors qu'il se dirigeait vers la porte du chalet. Parveen sembla se figer, respira un grand coup et adressa une dernière fois la parole à son nouveau binôme.

- Au fait, même si c'était intéressé...

Ni l'un ni l'autre ne se retourna pour se regarder.

- … Merci de m'avoir sauvé, tout à l'heure.

- Essaie de dormir. On a de la route, demain, dit Cafard d'un ton qu'il tenta de rendre rassurant... Sans succès.

Parveen s'offrit à nouveau une grande respiration en entendant la porte se fermer derrière lui, et engouffra son repas sans goût. Rien ne s’était passé comme prévu, et ce n’était pas plus mal. Les choses ne pouvaient que s’arranger après une journée pareille, de toute façon. Plus, il n'avait pas encore vu ni la pluie, ni la lune. Il devrait au moins survivre jusque-là, ne serait-ce que pour ça.

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#postapo #postapocalyptique #fr #blls #bl #endoftheworld

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