Vingt et un ans avaient passé, et toujours aucun signe de romance.
« C’est si frustrant !!! »
Le compte des années était différent de celui de mon monde d’origine… enfin, de ce dont je me souvenais.
À 21 ans, Akame étudiait à l’école de magie de son secteur. C’était aujourd’hui une belle jeune femme, aux longs cheveux noirs. Ses yeux, rouges et intenses, dégageaient une impression glaçante. Ayant vécu une enfance particulièrement difficile (nous y reviendrons plus tard), elle était froide, et n’avait pas d’amis. Elle passait son temps à étudier ou à combattre des monstres dans des donjons pour s’entraîner.
Elle vivait seule dans un manoir. Issue d’une famille aisée, ses parents avaient engagé des domestiques pour l’élever et s’occuper d’elle. Effrayés par son pouvoir, ils ne s’étaient jamais réellement occupés d’elle, et ne lui avaient jamais apporté d’amour. N’ayant jamais grandi dans un environnement aimant, elle s’était peu à peu renfermée sur elle-même, au point d’arborer une aura terrifiante. Tout le monde avait peur d’elle. Pourtant, elle ne faisait rien de mal, en soi.
Ce jour-là, les cours avaient fini plus tôt. Akame s’était rendue dans un donjon des ténèbres, situé aux abords de la ville où se trouvait son école.
Comme à mon habitude, je la suivis.
Elle avait une appétence exceptionnelle pour la magie. Extrêmement douée et puissante, elle combattait avec une aisance impressionnante les monstres présents.
Puis le boss du donjon arriva. Il était immense. Une espèce de grosse boue vivante, entourée d’une aura sombre.
Ses bras extensibles s’élançaient à toute vitesse en direction d’Akame.
Elle esquiva facilement, puis répliqua en bloquant les mouvements du monstre grâce à son pouvoir des ténèbres. Il ne lui fallut que quelques dizaines de secondes pour en venir à bout.
Après cette victoire, une lueur étrange entoura brièvement son corps, puis disparut.
Une immense aura ténébreuse s’étendit dans toute la grotte, s’infiltrant jusque dans les moindres recoins, tapissant même les murs.
Surprise, je me demandais s’il s’agissait d’une nouvelle compétence, ou bien de l’évolution d’une capacité existante. J’étais à la fois plongée dans mes réflexions… et très fière de ce qu’elle venait d’accomplir.
Mais sans m’en rendre compte immédiatement, je constatai qu’Akame ne se trouvait plus à l’endroit initial.
« Où est-ce qu’elle... »
Je n’eus pas le temps de finir ma phrase. Une lame, imprégnée de magie, se plaça soudainement contre ma gorge.
Mon corps se figea. Je ne pouvais plus bouger. Une panique sourde monta en moi, comme une tempête intérieure.
Puis, au creux de mon oreille, j’entendis une voix.
Froide. Méfiante. Tranchante comme la lame elle-même.
« Et toi, t’es qui, putain ? » me dit Akame.

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