À mon réveil, je me trouvais dans mon lit, toujours vêtue de ma tenue de la veille.
« Qu’est-ce que je fous là… ? »
L’esprit embrumé, j’essayais de me remémorer la veille.
Après avoir vaincu le boss du donjon, j’avais senti mon pouvoir grandir. C’est à ce moment-là que je l’avais vue : cette brume flottante, pas très grande, lévitant dans un coin de la grotte. Elle restait immobile. J’avais cru à un ennemi.
Aussi vite que possible, j’avais utilisé mes ombres pour contrôler l’ensemble de la pièce et l’empêcher de fuir.
Mais au contact de la brume, son apparence avait changé. Une forme humaine était apparue : une jeune femme, en tenue d’aventurière. Elle avait des cheveux rouges, mi-longs, dont un côté était tressé en plaqué, le reste ondulait légèrement. Ses yeux, d’un vert profond, me fixaient — sans hostilité, mais avec une expression difficile à lire.
Je m’étais déplacée dans son dos et avais placé mon poignard contre sa gorge pour la menacer, espérant obtenir des réponses.
Le reste était flou…
Il me semblait qu’elle avait prononcé mon nom… Qu’elle avait pleuré… Un esprit ? Avait-elle dit cela ?
Sa voix… où l’avais-je déjà entendue ?
Mon énergie s’était vidée beaucoup plus vite au contact de son corps… J’étais à bout de forces.
C’était sûrement à ce moment-là que je m’étais effondrée.
Était-ce elle qui m’avait ramenée ici ?
Je la voyais encore, cette brume flottante… Elle se trouvait au fond de ma chambre. Je m’efforçai de ne pas la fixer pour qu’elle ne comprenne pas que je l’avais remarquée.
Il fallait que je découvre la vérité. Je n’étais pas douée pour discuter — les gens prenaient toujours peur dès qu’ils me voyaient. Et franchement, ça m’allait très bien. Mais cette fois, j’avais besoin d’informations.
« Si je la confronte, elle s’enfuira, non ? » pensai-je.
Je repris mes esprits et fis mine de me lever lentement, comme à mon habitude.
Je jetai un regard furtif vers la brume. Elle se mit à bouger.
Je déployai alors ma magie des ténèbres, remplissant la chambre d’ombres pour l’empêcher de fuir.
« Tu ne t’enfuiras pas ! » lançai-je, en voyant apparaître à nouveau la jeune femme de la veille.
Elle me regarda furtivement. Son regard ne semblait pas trahir la peur, mais plutôt une profonde inquiétude. Elle tenta de bouger, les yeux rivés sur ses jambes, comme si elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Elle m’avait dit qu’elle était un esprit… Peut-être n’avait-elle pas l’habitude d’être ainsi piégée.
« Qui es-tu ? » demandai-je, sur un ton froid et dur, sûrement effrayant.
Elle ne répondit pas.
« Tu as perdu ta langue ? »
Calmement, elle répondit :
« Je te l’ai déjà dit… Je suis un esprit. »
« Et que fais-tu ici ? Qu’est-ce que tu me veux ? C’est toi qui m’as ramenée ici ? »
Elle resta silencieuse un instant, puis dit :
« J’observe, simplement. Et oui… C’est moi. Je ne pouvais pas te laisser seule là-bas… »
Comme si quelqu’un en avait quelque chose à foutre de moi…
Se moquait-elle de moi ?
Je sentis la colère monter, violente, incontrôlable.
« Tu te fous de ma gueule ? Dis-moi la vérité ! »
Au même moment, Miyu, ma domestique personnelle, frappa et entra presque immédiatement dans la chambre.
« Madame, tout va bien ? J’ai entendu des voix et… »
Elle se figea net en croisant mon regard.
Surprise, je m’aperçus que j’avais relâché mon pouvoir, et l’esprit en profita aussitôt pour s’échapper à travers le sol.
« Un cauchemar », répondis-je, debout au milieu de la pièce.
Aucune crédibilité. Mais comme toujours, elle ne posa pas plus de questions et enchaîna calmement :
« Le petit déjeuner est prêt, madame. »
« Bien. »
Je quittai donc la chambre et me dirigeai vers la salle à manger, repensant à ce qu’il venait de se passer.

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