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Déviance

Déviance

Dec 22, 2025

Le soleil brillait haut dans le ciel, inondant la prairie d’une lumière éclatante. Le vent léger faisait scintiller les herbes hautes, et tout semblait paisible. Comme à leur habitude, les bovidés se rassemblaient en troupeau, profitant de cette journée radieuse. Pourtant, leur choix de s’installer si près de la forêt était peut-être imprudent. On ignore toujours ce qui peut se dissimuler entre les arbres, mais la fraîcheur de l’ombre avait eu raison de leur méfiance. Alors que le calme régnait sous les feuillages, un bruissement attira l’attention d’une chèvre. Elle tourna la tête, l’oreille aux aguets, scrutant les alentours sans rien percevoir d’anormal.

 "Un simple souffle de vent" pensa-t-elle, avant de reposer sa tête sur l’herbe.

Mais l’instant d’après, un loup surgit des buissons et la plaqua au sol, lacérant sa chair sans sommation. La panique éclata aussitôt. Les sons discrets d’il y a quelques instants n’étaient autres que les mouvements d’une meute en chasse. Les bovidés s’éparpillèrent, fuyant dans un tumulte de sabots et de cris, tandis que les loups attaquaient sans relâche. Une lutte féroce entre proies et prédateurs venait de s'engager, chacun guidé par un instinct de survie implacable. Peu à peu, l’agitation s’estompa, laissant derrière elle un champ dévasté. L’herbe était souillée de sang, de lambeaux de peau, et de corps sans vie. Au milieu de ce carnage, un jeune bouc, était parvenu à se dissimuler. Terrifié, c’était la première fois qu’il était témoin d’une telle scène. Tremblant, il n’osait bouger, espérant simplement que les loups passeraient leur chemin.

Mais alors qu’il croyait que le danger c’était dissipé, des pas se firent entendre derrière lui. Il tourna la tête vers la plaine ensanglantée. Quelqu’un approchait. Son cœur s’emballa : il était repéré. Sans attendre, il détala, fuyant de toutes ses forces. Derrière lui, un loup s’élança, déterminé à le rattraper. Leur fuite effrénée s'étira, haletante, oppressante, jusqu’à ce que la fatigue trahisse le bouc. Ses jambes flanchèrent et il s’effondra.

Ni l’un ni l’autre n’avaient remarqué le ravin dissimulé par la végétation. Dans leur chute, ils furent projetés dans la pente raide, avant que l’obscurité ne les engloutisse.

Quand la proie ouvrit enfin les yeux, plusieurs heures s’étaient écoulées…

"Suis-je encore en vie ?" fut sa première pensée en reprenant conscience. 

En se redressant lentement, il constata que la chute lui avait causé des blessures, mais ses articulations restaient intactes. Malgré cela, la souffrance était intense, particulièrement à l'endroit où le loup l'avait saisi : son cou, gravement entaillé et couvert de sang. Une migraine, sans doute due à cette plaie, lui martelait la tête. Il tenta de se lever pour chercher de l’aide, mais des gémissements de douleur l’arrêtèrent. Le loup était encore là. Ce n’était pas le moment de baisser sa garde, pourtant la curiosité prit le dessus. Il voulait découvrir l’origine de ces plaintes.

"Tant pis, pensa-t-il, s’il était en état d’attaquer, il l’aurait déjà fait."
Rassuré par cette idée, il rassembla son courage et avança vers le bruit.

Les feuillages effleurèrent son visage tandis qu’il suivait les traces laissées par le prédateur blessé, qui avait tenté de se traîner pour fuir.

"Il ne doit pas être loin…" songea la proie.

En effet, après quelques mètres, il le trouva étendu au sol, meurtri par la chute. Le loup l’aperçut aussitôt : son regard, d’abord empreint de souffrance, se durcit en croisant celui de sa proie, trahissant une méfiance instinctive.Les deux se fixèrent en silence avant que l’un ne rompe enfin l’attente :

"Que veux-tu ? Te venger ?" demanda le loup.

Le bouc, épuisé, le contempla sans comprendre. L’idée de vengeance ne lui avait même pas traversé l’esprit. Il s’accroupit près de son ennemi, scrutant son corps meurtri et cherchant la source des gémissements. Le prédateur, intrigué par cette attitude inattendue, l’interrogea :

"Pourquoi restes-tu là à m’observer ? Tu comptes me dévorer ?" lança-t-il avec ironie.

Le bovidé resta silencieux. Le loup, méfiant, rétorqua :

"Que cherches-tu à fa—AH !".          

Un cri de douleur lui échappa lorsqu’une pression sur sa cheville réveilla sa blessure la plus vive. Honteux d’avoir laissé échapper ce son, il détourna un instant les yeux.

Un frisson parcourut le bouc, d’abord imperceptible, puis vibrant comme une onde glacée le long de son échine. Ses yeux, agrandis par la stupeur, se figèrent sur le visage tordu de douleur du loup. À cet instant, une étrange révélation s’imposa à lui : la souffrance de l’autre éveillait en lui une ivresse nouvelle. C’était comme s’il venait d’entrevoir, dans la détresse de son prédateur, une source insoupçonnée de plaisir, celui d’exercer une domination silencieuse, subtile et implacable.

Le bouc revint à la réalité lorsqu'il perçut un mouvement brusque devant son visage. Le loup s’interrogeait sur sa réaction . Trouvait-il cela amusant ? Quoi qu'il en soit, cette attitude agaçait profondément le prédateur. Reprenant ses esprits, le bouc se releva enfin et quitta simplement le champ de vision de celui-ci. Ce dernier était totalement déconcerté par le comportement de l'herbivore. Le loup laissa retomber son corps épuisé sur le sol. Désormais, il était seul avec sa cheville heurtée, incapable de parcourir une grande distance. Alors, épuisé par tout ce qui venait de se passer, il ferma les yeux, se laissant sombrer dans le sommeil...

Il repris lentement conscience lorsqu’il sentit quelque chose effleurer sa cheville. Le loup constata que c’était le bouc qui était revenu et qui, à sa grande surprise, était en train de soigner sa blessure. Il ne s’attendait absolument pas à le revoir, et encore moins à recevoir son aide.

"Que fais-tu ? Je pensais que tu étais parti", demanda le loup, en observant les plantes disposées autour de sa cheville ainsi que quelques fruits posés à côté.

"Il doit être complètement fou… Qu’est-ce qui lui prend ?" pensa-t-il, perplexe.

Le bouc déchira alors un morceau de son vêtement déjà abîmé et l’utilisa pour bander la plaie, puis il jeta un coup d’œil aux fruits qu’il avait ramassés.

"Tu devrais manger quelques-unes des baies que j’ai cueillies."

Le loup était abasourdi. Il ne comprenait pas pourquoi une proie viendrait l’aider à se rétablir. Cela défiait toute logique. Il observa les baies apportées avant de répondre :

"Ces fruits n’apaiseront rien. Si tu tiens tant à me sauver, offre-toi plutôt à mes crocs."

Le loup lança cette phrase ironiquement pour voir jusqu’où cette proie pouvait aller.
Il trouvait cela tellement absurde que la curiosité lui monta à la tête. Il commençait même à apprécier ses réactions, parce qu’elles étaient particulières, nouvelles, uniques à cette bête. Le bouc se rapprocha du carnivore.

"Comment t’appelles-tu ?"

Surpris par ce geste inattendu, le loup recula légèrement avant de tenter de répondre :

"Pourquoi veux-"

Le jeune bouc l’interrompit :

"Si tu comptes me dévorer, autant que je sache le nom de celui qui m’a choisi pour proie."

"Fenrir", répondit finalement le loup.

"Erebos", rétorqua sa proie.

Des présentations si soudaines alors qu’il s’apprêtait à se laisser manger, Peut-être était-il tombé trop fort lors de leur chute, ce qui lui avait causé des séquelles au cerveau ?
Fenrir était dépourvu de réponse face à cet énergumène.
Allait-il vraiment se donner à ce loup ? La question trouva rapidement sa réponse lorsque le bouc découvrit son torse, ce qui surprit le prédateur.

Cependant, quelque chose clochait.

Erebos titubait. Ses yeux, fixés dans le vide, semblaient perdus dans des pensées lointaines. Il avait l’air ailleurs, et cela était perturbant. Il était prêt à parler, mais il eut à peine le temps de prononcer un mot que son corps s’affala contre celui de Fenrir.

"Huh ?" furent les premiers sons du prédateur déconcerté.

Mais il comprit très vite la cause de cet évanouissement en découvrant la blessure derrière la nuque d’Erebos, qui n’avait cessé de saigner.


inoyaya0697
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