Le roman a fait sensation dès sa publication, notamment par son style d'imitation du langage parlé et sa teneur en argot, qui a eu une grande influence sur la littérature française contemporaine.
Il raconte à la première personne les épreuves du double littéraire de l'auteur, Ferdinand Badam. L'histoire met en lumière l'absurdité et la décadence du monde que Louis-Ferdinand Céline a vécu en 1914 lors de son séjour dans la Première Guerre mondiale et dans les colonies. Il décrit la guerre comme « un abattoir international de la folie » 4 et révèle ce qui lui semble la seule manière raisonnable de résister à cette folie : la lâcheté. Il était hostile à toute forme d’héroïsme, en particulier celle qui coexistait avec la violence et la guerre.
Pourtant, Voyage au bout de la nuit est plus qu'une simple critique de la guerre. Le narrateur exprime son désarroi et son mépris pour tous les êtres humains : courageux ou lâches, colonisateur ou colonisé, blanc ou noir, américain ou européen, pauvre ou riche, Céline n'épargne personne, mais sans hostilité, car tout finit de la même manière et rien ne semble compter face au ridicule du monde. Certains pensent qu’il s’agit là d’une pensée nihiliste.
"Night Flight a été écrit entre 1929 et 1932. Céline cite souvent la parution de l'Hôtel du Nord d'Eugène Dabit fin novembre 1929 comme l'occasion de ses écrits, mais d'autres livres publiés en 1929 (À l'Ouest rien de nouveau d'Erich Maria Stratégie, Jean Norton Cru "Témoins") a peut-être contribué à sa décision de se lancer dans l'écriture. .
Le Dr Destouches a démissionné de son poste confortable d'enquêteur et de conférencier à la Société des Nations en 1927, et après avoir échoué à accueillir les clients, les quarts de nuit et les quarts de travail en pharmacie et en laboratoire, il a continué à travailler, consacrant ses rares moments de liberté à l'écriture.
À Clichy, il rencontre jour après jour la misère sociale et la maladie qui en découle, dans une banlieue ouvrière. Il s'enfuit avec sa maîtresse Elizabeth Craig (à qui est dédié Le Voyage) ou rejoint un groupe d'amis rencontrés sur la péniche du peintre Henri Mahé.
Bien qu'il n'ait que 35 ans, il peut s'appuyer sur un ensemble d'expériences particulièrement riches pour enrichir son récit : l'enfance passée à Choiseul, deux ans et demi à l'étranger (Angleterre et Allemagne), le commerce, la débrouillardise, les guerres, les blessures, Londres et ses profondeurs, l'Afrique, les études de médecine en province, les mariages, Genève et la Société des Nations, les voyages aux conférences sur la santé et la prévention, notamment aux Etats-Unis, l'exercice de la médecine.
Même si Céline est inconnu dans le domaine littéraire, il ne part pas d’une page vierge. Il écrivait depuis longtemps et sa thèse (La vie et l'œuvre de Philip Ignas Semmelweis) constituait un exercice littéraire. Il a également écrit une pièce de théâtre (Semmelweis) basée sur celle-ci. Le poème épique du héros du Voyage, Ferdinand Badam, reprend certains éléments d'une autre pièce, L'Église, que Céline proposa sans succès aux éditeurs et aux metteurs en scène de théâtre en 1927. Nous avons découvert plusieurs spectacles lors de notre croisière (Afrique, Amérique, Paris).
Anticonformiste, marginalisé, anarchique, nihiliste, le Badam de l’Église est aussi un archétype déjà très réussi du Badam du Voyageur. Céline raconte également dans un chapitre de ce dernier l'intrigue de la nouvelle Des Vagues écrite en 1917 à bord du Tacqua, le navire qui l'emmena en Afrique. Cette « première ébauche », par le passage du drame au roman et par le réarrangement important des situations et des personnages résultant de l'insertion décisive du chapitre de guerre, constitue encore la base décisive de l'écriture du Voyage.
Du point de vue des influences intellectuelles entourant l'écriture du Voyage, Céline reconnaît l'importance de Sigmund Freud et dans sa construction littéraire de quatre écrivains avec lesquels il a partagé des expériences de guerre et/ou un intérêt pour le style : Feu Eugène Dabit d'Henri Barbusse, L'Hôtel du Nord et Petit-Louis. Paul Morand était responsable de Night et New York, et enfin Charles Ferdinand Ramuz était responsable du style de création parlée. Cette nette reconnaissance n'exclut pas d'autres influences : "Un voyage au Congo" ou "Un voyage au Tchad", "Scènes de la vie future" de Georges Duhamel, tous ces auteurs ont en commun d'aborder des thèmes proches de ceux qui préoccupait Céline, attisant ainsi l'opinion publique et/ou renouvelant en quelque sorte la littérature.
Enfin, ce premier roman semble imprégné d'un contexte économique et social particulièrement crucial, puisque la France subit de plein fouet la crise de 1929, tandis que le réarmement, les tensions géopolitiques et la montée du nazisme conduisent les plus avisés à prédire l'avènement d'une nouvelle guerre.
Le texte a été rédigé en deux étapes : une première dactylographie, corrigée et complétée par de nombreuses notes manuscrites qui tendent à élargir le texte (contrairement aux affirmations de Céline selon lesquelles il effectuait principalement des suppressions)

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