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(FR) La loi du Sang - Les Sanguinaires (BL)

La bénédiction donnée aux marins

La bénédiction donnée aux marins

Dec 05, 2025



— Il… il ne m’aime pas beaucoup, hein ? glissa Pero, l’air angoissée.

Je jetai un regard à la fillette qui semblait incapable de séparer son pas du miens. Elle faisait évidemment allusion à Anela. Ce dernier s’était montré plus que glacial envers celle-ci. Elle n’était qu’une enfant et j’avais ainsi pu voir l’admiration et la crainte que le Duc de Vilsang l’inspirait. Malheureusement pour elle, ce dernier n’était ni enclin à la discussion ni à quoi que ce soit d’autres. Il s’était muré dans un silence où il serait plus que compliqué de le retirer.

Pour ma part, la présence de Pero ne me faisait pas plus plaisir. Avoir un enfant dans les pattes n’étaient guère ce que je préférais le plus, mais je savais ne pas avoir réellement le choix. Tout comme pour elle, je devais subir. Être Duchesse à cette âge, encore plus avec la mission qui nous incombait, il n’y avait rien de facile et j’avais presque de la peine pour elle. Elle tentait de se montrer forte, mais elle tremblait et je sentais sa peur à plein nez.

Ses boucles rousses rebondissaient avec tout l’entrain qu’elle mettait à rester dans mes pas et je ne pus m’empêcher de remarquer que les ondulations de feux qui retombaient sur son visage allait finir par la gêner. Pourtant, je ne lui en fis pas la remarque. Je reportai mon attention sur Anela qui marchait plusieurs pas devant nous à côté du garçon de Vilsang, Rake qui nous accompagnés jusqu’au port. Ils étaient suivis d’un Fratera à la mine inquiète et d’un Beret encore plus bourru que d’origine.

— Ça ne ravis personne que tu sois là, affirmai-je, mais ils sont plus inquiets pour toi que véritablement en colère.

— C’est… c’est bizarre pour moi d’être là. Je… comme tous les autres enfants, je ne vous ai connu qu’au travers des chants des bardes. 

— Ravale ton admiration ma grande. Tu es Duchesse aussi désormais. Fais comme moi, admire en silence, glissai-je avec un sourire.

Elle sembla suivre mon regard puisqu’elle rougit brusquement, faisant ressortir ses tâches de rousseurs qui constellaient chaque millimètres de sa peau brune, et hocha vigoureusement la tête.

— Duc Selene, où allons-nous ? Je veux dire, j’ai appris par feu le Duc Vyl et l’Asmérion, l’importance de notre quête, mais là, où nous dirigeons-nous ?

— Au port de Morsang. Nous allons contournés Vilsang afin d’accoster directement sur la vaste terre de Sang qui n’appartiennent pas au puresang. On appelle cette terre : La Damnée. Si nous passions par Vilsang comme le fait la plupart des puresangs pour pénétrer sur La Damnée, alors les éclaireurs mangesangs qui surveillent nuit et jour Vilsang pourraient avertir une légion et nous serions perdus.

— Nous allons donc éviter les éclaireurs en rejoignant La Damnée par la mer, compris Pero, mais je pensais que la mer était encore plus dangereuse que la terre !

— Elle l’est ! s’exclama Beret, la voix rendu rauque par sa précédente colère. Mais l’Duc Selene que voici traverse la mer pour rejoindre La Damnée pour son bestiaire et ce, bien plus souvent que nous tous réunis ! Ce sera la première fois que je prendrais la mer !

Fratera soupira avec un léger sourire sur les lèvres et il se tourna un peu, sans cesser de marcher, afin de s’adresser à la nouvelle petite Duchesse de Blansang.

— La mer de Sang a ses fonds jonchaient de cadavres de puresangs et de mangesangs, de bateaux écorchés et détruits et de monstres marins. Au plus nous nous éloignerons des côtes, au plus le danger sera important et les monstres cauchemardesque, informa-t-il.

— Mais nous ne ferons pas ça, rassurai-je. Tu connais la rivière qui sépare la terre de chaque Duc, n’est-ce pas ?

— On les appelles Les Veines.

Je hochai la tête. Cette petite avait au moins la base.

— Les Veines découlent toutes dans la mer et nous allons emprunter l’une d’elle et nous laisser porter par son courant. Nous n’aurons rien d’autres à faire que d’attendre.

Et comme pour appuyer nos propos, notre marche s’arrêta et face à nous, notre bateau, un sloop, nous attendait. À ses pieds se trouvait un prêtre. L’étonnement se lut sur le visage de Pero. Il fallait dire que les coutumes avant de prendre la mer était bien méconnu car ceux qui y avait vogué était rare, ceux de chez Dursang en l’occurence étaient les heureux ou malheureux élus. Il était donc de coutumes que ceux qui prenaient la mer devaient être bénis par le prêtre de la ville en question. Ici, à Morsang, il ne restait donc que ce dernier homme de Dieu qui portait le fardeau de vivre seul et d’apporter soutien à ceux qui s’apprêtait à voyager sur l’eau.

Je m’avançai devant les autres et saluai le prêtre avec déférence.

— L’Asmérion m’a fait part de la quête qui vous incombe. Ma prière accompagnera vos pas.

L’inquiétude dans ses yeux fut évidente. Il leva la main et se mit à chanter, priant pour la sûreté de nos âmes et le retour de nos corps. Les Ducs avaient fermés les paupières, mais la jeune Duchesse n’y parvenait pas. Son regard déambulait partout, s’accrochant au moindre craquement que nous pouvions entendre, au moindre mouvement que nous pouvions percevoir qui venait des profondeurs de l’eau. Las de cette panique, je posai ma main sur sa tête. Elle s’immobilisa et après un instant d’hésitation, ferma les yeux.

Lorsque le prêtre eut fini sa prière, les Ducs le remercièrent et Beret et Fratera embarquèrent immédiatement suivis de Pero que je dûs bousculer un peu. Il ne resta que le vieil homme de notre Dieu Rodel et moi-même et quelques pas plus loin, Anela et l’homme de chez lui, Rake. Ce dernier posa un regard navré sur eux et se tourna ensuite vers moi.

— J’ai bon espoir que cette quête ne soit pas vaine, mais… savent-ils ce qui les attendent aussi loin dans La Damnée ? Duc Selene, vous devez veiller sur cette enfant et les Ducs. Je suis égoïstement bien plus en paix lorsque je vois le Duc de Vilsang avec vous, quand bien même je reconnais vos exploits dans La Damnée, Duc Selene.

— Que pensez-vous d’Anela ? m’enquis-je. Je ne suis pas déçu pour ma part.

— En vérité, je l’avais déjà entrevu dans de nombreuses messes, mais c’est la première fois que je le côtoie d’aussi près et… Il y a quelque chose de terrifiant chez lui. Cependant, notre père à tous chante ses louanges. Je n’en attendais pas moins du Vicaire Sanglant.

Je hochai la tête et observai Anela. Ce dernier écoutait attentivement son ami, les sourcils légèrement froncés lui donnant une mine suspicieuse. Son regard sanglant se posa sur le bateau, sur les autres Ducs, puis sur moi. Aussitôt que son regard croisa le mien, il revint à sa discussion avec Rake, tapota son épaule et tourna les talons. Il fut difficile pour Rake de ne pas retenir son leader. Je vis sa main se tendre vainement vers Anela, mais il l’a baissa aussitôt.

À son tour, il tourna les talons dans l’intention de regagner Vilsang, mais son regard croisa le mien. Je ne pus m’empêcher de sourire. Il ne fallait pas être devin pour savoir que tout Vilsang devait savoir pour notre quête. L’Asmérion ne nous l’aurait pas avoué de pleine voix, mais tous avaient confiance en la ville forteresse. Et je comprenais ainsi l’inquiétude qui planait lourdement autour d’Anela : des hommes de Vilsang aurait été plus efficace que certains Ducs. Même ceux de Vilsang devait le penser. Il n’y avait qu’à voir l’air renfrogné de ce Rake et j’étais particulièrement satisfait de son absence et de ceux des autres de Vilsang.

— Selene ! Embarquons ! s’écria Beret.

— Bon voyage, me souhaita le prêtre m’arrachant ainsi à ma joute silencieusement avec Rake. Je n’ai pas peur pour votre trajet en mer, vous êtes habitués. Puisse La Damnée vous épargnez.

Je pouffai et hochai la tête avant de rejoindre les autres Ducs. Anela s’attela déjà à relever l’ancre avec Fratera, ou plutôt, ils essayaient. Je laissai mes affaires rejoindre celle des autres dans un coin du bateau et m’avança vers le Vicaire Sanglant et le Duc de Beausang afin de lui venir en aide. Je pouvais voir l’effort qu’ils mettaient à tourner la lourde manivelle. Je tapotai la hanche du premier et il se tourna vers moi. Je le poussai gentiment et pris sa place. Je congédiai également Fratera. Ma force et la leur n’était assurément pas comparable sur le point physique.

— Une fois l’ancre levé, le courant nous trainera jusqu’à La Damnée. Là-bas, nous accosterons rapidement et nous laisserons le bateau regagner les courants. Les Veines se déversent naturellement dans la mer et ses courants créent comme un genre de… maelström léger qui ramène toujours au même point, expliquai-je en rentrant l’ancre.

N’entendant aucune réponse, je tournai légèrement la tête vers eux. Avec des mines surprises, ils m’observaient tous et puis Beret éclata d’un rire tonitruant. Une fois ma besogne achevé, je bloquai la manivelle et les interrogeai du regard.


— Je ne suis peut-être pas un expert en mangesang ou au combat, mais c’est chez moi, à Noirsang, que les armes, les armures, les ancres et les bateaux sont fabriqués. Pour un tel sloop, l’ancre doit bien faire 64 kilogrammes à elle seule ! Vous l’avez relevé comme si elle ne pesait rien ! expliqua Beret.

— Les rumeurs disaient que vous étiez fort, mais je n’imaginais pas à ce point. J’aurais bien dû m’y mettre avec Beret et Anela pour réussir à relever tous ce poids, rajouta Fratera.

Le regard perçant de la petite Duchesse sur moi me fit légèrement sourire. Je ne répondis pas à leurs « compliments ». Le bateau se faisait emporter par les flots et doucement mais sûrement, nous gagnions de la vitesse. Pero se précipita vers la proue, tranquillement suivis de Fratera et Beret qui furent aussi curieux qu’elle. Seul Anela demeura à côté de moi, toujours aussi curieux.

— Vous êtes vraiment fort, approuva Anela. Cependant, sans vous manquez de respect, je me demande comment vous pourriez être un fantôme sur le champ de bataille. Vous êtes si… massif.

Ce « massif » avait été lâcher dans un souffle qui m’amusa particulièrement. Je fis un pas qui me rapprocha considérablement de lui et il ne tenta pas de s’éloigner. La façon qu’il eut de relever la tête pour garder son regard dans le mien me fit frissonner de délice. Aussi proche que je l’étais de lui, il me suffisait de baisser pour prendre ce que je désirais, mais ce n’était ni le lieu, et encore moins le moment. À la place, je saisis simplement son menton, laissant mes doigts s’enfoncer dans sa chair tendre.

— Et si je vous montrais cela. Ne serait-ce pas bien plus amusant pour nous deux ?

Ses yeux pétillèrent de bonheur et un sourire en coin gagna ses lèvres, déclenchant le même phénomène chez moi. Il attrapa mon poignet et me fit lâcher prise.

— Puisque nous avons pour un moment, faisons donc ce dont nous parlions : les combats. Vous et moi.

— Hé jolie frimousse, c’est entre vous et moi avant !

Je ne fus pas surpris de cette interruption par Beret, mais je camouflai mon agacement derrière un sourire. Anela me relâcha, rompant tout contact, et hocha la tête. Il alla vers nos affaires et prit les épées de chacun, ou presque. Pero resta en retrait avec Fratera qui avait aussitôt renoncé. J’imaginai bien que, lui, devait savoir à quoi s’attendre de chacun. Il semblait être le plus sage des Ducs. Enfin, être plus sage que Beret n’était pas chose très difficile.

Il suffisait de voir comment cet homme mal dégrossi était hâtif de se battre avec Anela. Ce dernier allait évidemment l’écraser et je n’allais pas me priver de voir cela. Je vins m’asseoir à côté de Pero et Fratera et ce dernier rigolait déjà de l’humiliation que notre malheureux compère allait subir.

— Quand bien même Beret sait qu’Anela s’entraîne au combat depuis son plus jeune âge, il ne peut s’empêcher d’être excité de le combattre.

— Son plus jeune âge ? s’enquit timidement Pero.

— Anela était le fils du précédent Duc de Vilsang. Il maniait l’épée avant même ses couverts et il a continué en devenant Duc aussi jeune que toi. Il devait avoir… une année de plus que toi cela dit, exposa Fratera. J’ai été son mentor, mais moi-même et les autres Ducs nous l’avons préservés jusqu’à sa majorité de beaucoup de choses.

Fratera regarda la petite Duchesse et lui offrit un regard désolé.

— Désolé de ne pas pouvoir faire de même pour toi, mais Anela veillera sur toi. Il est seulement trop inquiet pour te le montrer.

Pero s’apprêta à répondre, mais le tintement des épées qui s’entrechoquèrent nous interrompis. Bien qu’Anela ignorait Pero, Fratera avait raison : il allait la protéger. Il avait le cœur profondément bon et aimant ; il suffisait de voir à quel point rien n’avait réussi à le détruire. Encore en cet instant, il cherchait du bon à la situation. J’avais aperçu sa réticence quand on avait convenu de ces combats, mais il avait quand même accepter et le voir sourire, être amusé, me fit me dire que Beret n’était peut-être pas si désagréable.

Cependant, ce dernier n’eut aucune chance. Dans toute sa splendeur gracile, Anela désarma Beret en le frappant avec le pommeau de son épée. Il enchaîna avec un coup de pied qui frappa le visage adversaire presque de plein fouet si ce dernier n’avait pas calé avec ses avants-bras. Alors que Beret tentait d’échapper à son étourdissement, Anela pointa sa lame et celle de notre compère sous sa gorge et contre son flanc.

Ce fut avec un air des plus arrogant, fier et confiant qu’Anela releva un sourire de façon taquine.

— Que pensez-vous de la jolie frimousse ? provoqua-t-il.

Beret en rigola, essoufflé comme l’aurait été une proie chassé et il leva les mains en guise de paix. Pero eut un petit son admiratif et je me relevai, à peine assis, pour enfin avoir ce que je méritais : mon duel avec lui.

— Vengez-moi ! s’esclaffa Beret en se tenant la tête et en reculant.

Anela laissa tomber l’épée de Beret dans un coin et je levai la mienne devant moi.

— Montrez-moi ce que vous valez, ma jolie frimousse, provoquai-je à mon tour.

Anela secoua la tête, amusé, et j’assistai impuissant à la danse sublime de ses mèches de sang. Lorsqu’il se mit en garde, je sus que mon amusement ne ferait que s’accroître.

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Leen C. Feuerwisp

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Notre Anela ne semble pas ravi de la présence de cette petite.

#Fantasy #darkfantasy #bl #duc

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